Attentat de Rambouillet : l’hommage de la nation à Stéphanie Monfermé

Au cours de son discours, le Premier ministre a rendu hommage à Stéphanie Monfermé, rappelant que la police a été durement touchée ces dernières par plusieurs attaques.

Le Premier ministre Jean Castex a présidé ce vendredi une cérémonie d’hommage nationale à Rambouillet, à quelques mètres du commissariat où Stéphanie Monfermé a été mortellement agressée au couteau vendredi dernier. Au cours de son allocution, il a rappelé qui était Stéphanie Monfermé, pour ses collègues, mais aussi pour ses proches, et assuré que la France continue de combattre le terrorisme.

Cette agente administrative travaillait dans le commissariat de Rambouillet (Yvelines) depuis 1993 « où chacun la connaissait, et où elle était un peu comme chez elle ». Elle « était dotée d’un caractère heureux et serviable ce qui fait du bien dans le quotidien souvent difficile d’un poste de police », a-t-il déclaré, ajoutant qu’à Rambouillet, Stéphanie Monfermé était « partout chez elle ».

« Elle était au service de la France »

Le Premier ministre est ensuite revenu sur l’attaque de vendredi dernier, « lorsqu’un homme a surgi de nulle part pour l’assassiner avec une sauvagerie et une détermination qui font frémir ». Cette femme « incarnait aux yeux de cet homme, dont je me refuse à prononcer le nom, la police française et donc l’autorité de l’État (…) votre collègue a été assassinée parce qu’elle servait son pays, parce qu’elle était au service de la France ».

Jean Castex rappelle alors l’attentat de Magnanville (Yvelines), lors duquel Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider avaient été tués à leur domicile en 2016 par un terroriste. Et plus récemment l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty le 16 octobre dernier à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), parce qu’il avait montré des caricatures de Mahomet en cours. « Ils avaient en commun d’être des fonctionnaires de la République et d’habiter ce département des Yvelines, à nouveau plongé dans le deuil et l’effroi », déclare le Premier ministre.

Des premiers témoignages rapportent qu’au moment de commettre son crime, l’assassin aurait invoqué le nom de Dieu. C’est une insulte sanglante jetée à la face de ceux qui croient à un Dieu, que de mêler la transcendance au crime[…] Aucun fidèle d’aucune religion ne peut l’admettre et encore moins au pays de Voltaire[…] Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion.

Jean Castex, Premier ministre

« Seul un lâche peut s’en prendre à une femme qui ne portait pas d’arme »

Rappelant que Stéphanie Monfermé était agente administrative, et donc non armée, il qualifie l’assassin de « lâche ».

Seul un lâche peut s’en prendre à une femme qui ne portait pas d’arme[…] Stéphanie n’était pas en faction, n’était pas en uniforme, elle n’était pas chargée d’assurer directement la sécurité sur la voie publique.

Jean Castex, Premier ministre

Le Premier ministre rappelle au passage qu’il y a 25.000 agents administratifs dans la police nationale française, « sans lesquels les forces de l’ordre qui interviennent sur le terrain ne seraient pas en mesure d’accomplir pleinement leur mission ». Il leur a rendu « un immense hommage, car je sais qu’ils vivent presque dans leur chair, le drame de Rambouillet et la perte de leur collègue ». Jessica Schneider faisait aussi partie de ce corps de la police, comme Brice Le Mescam, l’une des quatre victimes de l’attentat au couteau à la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019.

Jean Castex insiste également sur le travail de l’État sur le terrorisme, citant les « nombreux attentats » déjoués par les services français, déclarant toutefois que « toute mort est une mort de trop ». Il met aussi en avant la loi sur les séparatismes, rappelant la « volonté constamment réaffirmée de lutter contre toutes les formes de séparatismes, y compris comme nous sommes en train de le faire en durcissant l’arsenal législatif ».