Présidentielle 2022 : Le Pen / Mélenchon donne le coup d’envoie en ce 1er mai

L’une à Paris, l’autre à Lille, les deux plus virulents opposants à Emmanuel Macron ont profité de ce symbolique 1er-Mai pour donner un coup d’accélérateur à leurs campagnes présidentielles, à un an de l’échéance.

En plus d’être une journée de manifestation de soutien aux travailleurs, ce samedi 1er mai aura servi de coup d’accélérateur aux campagnes présidentielles de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Les deux plus virulents opposants à Emmanuel Macron ont profité de l’occasion pour taper à bras raccourci sur le chef de l’État, donnant ainsi le ton à un an de l’échéance de 2022.

La présidente du Rassemblement national a ouvert le bal le matin lors du traditionnel dépôt de gerbe devant la statue de Jeanne d’Arc à Paris. Le chef de file de La France insoumise, lui, s’est rendu à Lille avec les syndicats. Juché sur une camionette face à 2000 sympathisants, le leader de LFI a formulé un vœu, celui de réapparaître devant la foule « comme président de la République » le 1er mai 2022. Ce qui impliquerait une victoire dès le premier tour du scrutin, puisque le second a de bonnes chances de se tenir le 8 mai. Le scénario semble donc, à tout le moins, improbable.

Haro sur Macron

L’âpreté du combat qu’entend mener Jean-Luc Mélenchon contre Emmanuel Macron, elle, est certaine. Idem du côté de Marine Le Pen. La patronne du RN, elle aussi officiellement candidate, en a profité pour donner le coup d’envoi d’une campagne qui s’inscrira résolument dans la critique répétée du bilan du chef de l’État. L’intéressée l’a bien illustré en opposant sa volonté d’être une présidente « de la paix civile » au « mandat de violence » qu’Emmanuel Macron laisserait derrière lui.

C’est un bilan qui doit faire réfléchir les Français, car il est évident que si Emmanuel Macron, pour le plus grand malheur de la France, était amené à effectuer un deuxième mandat, le chaos serait absolument général

Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement Nationale

Sus au président sortant, donc. Cette stratégie doit permettre, estiment Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, de créer une dynamique basée, comme l’a récemment qualifié une étude de la Fondation Jean-Jaurès, sur la « diabolisation » d’Emmanuel Macron.

Ersatz d’union à Lille

La journée internationale des travailleurs est une occasion idoine pour le numéro un de LFI. Et ce, d’autant plus que dans le Nord, son mouvement fait campagne aussi pour les régionales, sous une bannière commune avec Europe Écologie-Les Verts, les communistes, les socialistes et Générations. L’affichage de cette unité, pour éphémère qu’elle soit, permet à Jean-Luc Mélenchon de donner de la propulsion à son entrée en campagne. Même si l’union est très fragile. Preuve en est, chacun est resté dans son cortège.

Choisissez entre celui qui vous dit que le rétablissement de l’impôt sur la fortune serait une monstruosité parce que, paraît-il, on taxerait le succès. Mais que voulez-vous qu’on taxe? L’échec, peut-être! Alors, le pays serait riche de tous ceux du président de la République!

Jean-Luc Mélanchon, Président de la France insoumise

Le député des Bouches-du-Rhône a multiplié les attaques visant Emmanuel Macron, « cette homme qui (…) dit que c’est chacun pour soi ». « Ce qui compte, c’est d’être tous ensemble », a-t-il adjuré face à la foule.Play Video

Le défi de Mélenchon

Le défi auquel est confronté Jean-Luc Mélenchon n’est pas du même ordre que celui de Marine Le Pen, dont la présence au second tour face au président sortant est, pour l’heure, projetée par toutes les enquêtes d’opinion. La candidate RN a réussi à s’imposer, électoralement, comme la première opposante d’Emmanuel Macron.

À un an de la présidentielle, la gauche est dans un piètre état. Pour des raisons programmatiques et idéologiques, ses différentes composantes – surtout LFI – sont dans l’impossibilité de s’unir au-delà de l’échelle locale. La liste d’union dans les Hauts-de-France en est l’exemple le plus abouti. Par ailleurs les communistes, qui s’étaient ralliés à l’étoile mélenchonienne en 2012 puis 2017, pourraient très bientôt avoir leur propre candidat en la personne de Fabien Roussel.

La volonté de Jean-Luc Mélenchon d’aller au bout de son troisième ticket présidentiel l’oblige à s’imposer par le biais des sondages en étant de loin le postulant favori de la gauche. Or, la messe est encore loin d’être dite sur ce point, comme l’a montré la dernière enquête Ipsos réalisée pour Le Monde.

Pour y remédier, l’ancien socialiste n’a donc d’autre choix que de multiplier les anathèmes lancés en direction de la macronie, tout en martelant les orientations qu’il prévoit pour une hypothétique présidence insoumise. Quant à Marine Le Pen, elle a révélé le « triptyque » qui lui servira d’axe de campagne: protection, projection, transmission. Chacun a sorti son papier à musique, reste à en rédiger la partition.