1er Mai : la police et la CGT cible de violences

À Paris ce samedi, des heurts ont éclaté entre les forces de l’ordre et des individus apparentés aux « Black Blocks ». Des casseurs qui s’en sont aussi directement pris à des camions et des militants de la CGT. Un défi pour les autorités comme pour les syndicats.

Ils s’étaient donné rendez-vous sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. À Paris et plusieurs villes de France, le traditionnel cortège du 1er-Mai a été perturbé ce samedi par des individus apparentés au mouvement des « Black blocks ». À Lyon, où 3000 personnes ont défilé, selon la préfecture, un bref affrontement a ainsi éclaté entre un petit groupe et des policiers, l’un d’eux ayant été violemment projeté au sol. 

Dans la capitale, c’est la CGT, l’un syndicats organisateurs de la mobilisation, qui a été directement visée, l’un de ses véhicules ayant été dégradé et tagué avec l’inscription « CGT Collabo », tandis que 21 de ses membres ont été blessés, dont quatre gravement. 

Il y a eu des erreurs graves dans la gestion de cette manifestation […] C’est scandaleux que nos camions et nos militants aient été caillassés.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

Pour Benjamin Amar, porte-parole du syndicat dans le Val-de-Marne, les violences des « Black blocs » étaient « prévisibles »« Si vous étiez là depuis 13h, vous avez vu arriver un certain nombre de personnes facilement identifiables, tout de noir vêtus qui sont passés devant tout le monde, y compris devant les policiers », a-t-il expliqué au micro de TF1. 

Depuis plusieurs années, les « Black blocks » – un mouvement apparu à Berlin Ouest dans les années 1980 – perturbent les cortèges syndicaux, dégradent certaines façades appartenant souvent à des agences bancaires et s’en prennent aux forces de l’ordre, notamment à l’occasion du 1er-Mai. En 2019, Philippe Martinez, avait même dû être évacué du défilé, déjà émaillé de violences. 

Pourquoi les « Black Blocs » échappent-ils à la police ?

Ce samedi à Paris, les fauteurs de troubles étaient estimés à « quelques centaines », tandis que 5000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, d’après une source policière, citée par l’AFP. Selon le ministère de l’Intérieur, 56 personnes ont été interpellées en France, dont 46 à Paris et six policiers ont été blessés, dont trois dans la capitale. Par ailleurs, quatorze personnes ont été placées en garde à vue, a indiqué le parquet.

Sur Europe 1, la ministre du Travail Elisabeth Borne a condamné « très fermement » les perturbations ayant émaillé certains défilés, jugeant « scandaleux que ces casseurs, les « Blacks blocs », aient voulu voler ce moment aux organisations syndicales ».