Féminicide à Mérignac : « La victime était encore en vie quand elle a été immolée »

Mardi soir, une femme a été retrouvée morte en pleine rue, à Mérignac. Son époux a été interpellé peu après les faits, ce jeudi il va être déféré en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour « homicide volontaire par conjoint ».

L’autopsie du corps de Chahinez, la jeune femme assassinée en pleine rue mardi soir à Mérignac, a permis de constater qu’elle « était en vie quand elle a été immolée par le feu ». La victime, agée de 31 ans, présentait également « deux orifices au niveau des cuisse ».

Elle est morte suite à une détresse respiratoire secondaire à une combustion vitale. On peut donc penser que le suspect lui a tiré dessus et l’a ensuite brûlée.

Conférence de presse de Frédérique Porterie, procureure de la République de Bordeaux

« Il voulait la punir »

Son époux, Mounir B., a été interpellé peu après les faits avec, en sa possession, un fusil de chasse obtenu, selon ses explications, auprès de « clandestins croisés en ville ». Placé en garde à vue, l’homme a expliqué aux enquêteurs qu’il était convaincu que Chahinez avait un amant.

Il voulait la punir de ‘la souffrance endurée’, selon ses mots, mais sans souhaiter la tuer[…] Il voulait la brûler ‘un peu pour lui laisser des marques. Il lui a tiré dessus pour prévenir toute fuite.

Conférence de presse de Frédérique Porterie, procureure de la République de Bordeaux

L’homme, né en 1976 en Algérie et installé en France depuis 1999, est connu des services de police et compte sept condamnations sur son casier judiciaire, dont une peine de prison pour « violences par conjoint » en juin 2020, celles-ci ayant déjà été commises sur Chahinez.

Une autre plainte contre le suspect le 15 mars dernier

A ce titre, il faisait l’objet d’un sursis probatoire de 9 mois l’interdisant notamment d’entrer en contact avec sa conjointe et avait été convoqué à plusieurs reprises pour le suivi de son sursis. Il avait pu justifier du respect de ses obligations, a souligné la procureure de Bordeaux.

Toutefois, le 15 mars 2021, la victime avait une nouvelle fois porté plainte contre lui, pour une agression commise dans la matinée. Une enquête en flagrance avait alors été ouverte mais les services de police n’étaient pas parvenus à localiser le suspect avant le drame du 4 mai. Ce jeudi, Mounir B. doit être déféré en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour « homicide volontaire par conjoint ».