Policier tué par balles à Avignon : ce que l’on sait du drame

Un fonctionnaire de police âgé de 36 ans est mort mercredi à Avignon, après avoir été touché à deux reprises par des tirs lors d’une intervention près d’un point de deal. L’auteur des tirs est toujours recherché.

Le Premier ministre Jean Castex a assuré que tout était « mis en œuvre pour que cet acte odieux ne reste pas impuni » : un policier a succombé à ses blessures mercredi 5 mai, après s’être fait tirer dessus lors d’une intervention à Avignon, dans le Vaucluse. Le point sur ce que l’on sait. 

Où et quand les faits se sont-ils produits ?

Le drame a eu lieu mercredi 5 mai en fin d’après-midi, vers 18h40 dans le secteur de la rue des Teinturiers, près de la place Pie à Avignon, à proximité d’un point de deal. 

Comme le rapporte France 3, une commerçante de la rue dénonçait déjà en septembre dernier sur Facebook l’existence de ce point de deal, qui regroupe chaque jour une quinzaine de jeunes selon elle. 

Les policiers étaient en civil

Le policier décédé et son équipage ont été requis « pour un attroupement sur la voie publique autour d’un point de deal« , selon un communiqué du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. À leur arrivée sur les lieux, l’équipage a contrôlé le groupe présent sur place : c’est au cours de cette intervention que l’un des individus aurait fait feu « à plusieurs reprises » sur le fonctionnaire de police. Les autres policiers présents ont riposté, sans pouvoir interpeller l’auteur des tirs qui a pris la fuite.

Les policiers « étaient en civil avec des brassards police sur un lieu très sensible en matière de stup‘ », a aussi précisé à l’AFP le délégué syndical Unité SGP-Police Grand Sud Bruno Bartocetti. 

Malgré l’intervention de ses collègues et des sapeurs-pompiers, le policier blessé n’a pas survécu.

Qui était la victime ?

Le fonctionnaire de police tué, prénommé Eric, était brigadier de la brigade d’intervention interdépartementale de sécurité publique du Vaucluse-Gard. Âgé de 36 ans, il était pacsé et père de deux enfants. 

Issu d’une famille de policiers, « c’était un policier expérimenté qui connaissait extrêmement bien son métier« , a déclaré mercredi sur LCI Camille Chaize, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Que sait-on du tireur ?

Deux hommes, le tireur et un complice, qui ont pris la fuite après la fusillade, sont activement recherchés par les enquêteurs de la police judiciaire chargée de l’enquête sous l’autorité du parquet d’Avignon.

Quelques heures après les faits, tard mercredi soir, des centaines de policiers étaient déployés, lourdement armés, dans les rues désertes du centre-ville de la Cité des Papes.

L’enquête sur cet homicide a été confiée à la brigade criminelle du SRPJ de Montpellier. « On a des éléments d’enquête, on a des descriptions« , nous a fait savoir Camille Chaize.

Un individu interpellé

Un homme, soupçonné d’avoir été présent près du point de deal où le policier a été tué, a été interpellé jeudi dans le cadre de l’enquête, a-t-on appris de source policière. L’homme a été placé en garde à vue au commissariat d’Avignon, a-t-on précisé de même source. 

Les syndicats de policiers en colère

Survenu une dizaine de jours après l’assassinat djihadiste de Stéphanie Monfermé, une fonctionnaire de police tuée à coups de couteau dans le commissariat de Rambouillet, ce nouveau drame a suscité de vives réactions des syndicats de policiers. « Rien ne justifie une telle barbarie », s’est insurgé le syndicat Synergie Officiers. Alliance Police Nationale pour sa part « assure qu’il faut punir par de la prison ferme assortie de mandat de dépôt ceux qui agressent ou tuent des policiers« .

Jean Castex, qui a annoncé sur Twitter la mort du policier, a adressé ses premières pensées « à ses proches et à la grande famille de la police nationale« . Gérald Darmanin, qui s’est rendu à Avignon dans la soirée, a quant à lui salué la mémoire d’un « soldat » de la guerre contre la drogue, « mort en héros« . 

Autre réaction, celle de la maire d’Avignon, interrogée par franceinfo. Cécile Helle (PS), s’est dite « extrêmement choquée comme beaucoup d’Avignonnaises et d’Avignonnais« , et a fait part de sa « grande tristesse« , en appelant à « renforcer encore la présence de la police sur le terrain au plus près des habitants« .