Élections régionales en PACA : Sophie Cluzel reste « candidate » LaREM en Paca

Sophie Cluzel a créé la surprise vendredi en annonçant sur France Info qu’elle était toujours « candidate » en Paca et que la majorité présidentielle serait « présente au premier tour », malgré le rapprochement fait la semaine dernière avec le président LR sortant Renaud Muselier. Coup de pression ou nouveau rebondissement ?

Quoiqu’en dise le député LR Eric Ciotti, le brouillard ne s’est toujours pas levé sur la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Surtout après les déclarations de Sophie Cluzel, vendredi matin sur France Info. « Je suis candidate de la majorité présidentielle, la majorité présidentielle sera représentée au 1er tour », a lâché la secrétaire d’État aux Personnes handicapées, alors que le camp macroniste avait officialisé un rapprochement avec le président LR sortant Renaud Muselier, dimanche dernier par l’entremise de Jean Castex. 

« La majorité présidentielle sera représentée au premier tour, ça ne changera plus, je veux que ce soit très clair », a martelé celle qui était censée retirée la liste LaREM dans cette région au profit de Renaud Muselier. Ciblant « les apparatchiks parisiens » de LR, elle a dénoncé les conditions imposées à son éventuelle présence sur la liste de Renaud Muselier, qui exclurait des personnalités issues du gouvernement, des députés ou bien des sénateurs liés à la majorité. Pour rappel, il ne reste plus que dix jours avant le dépôt des candidatures en vue du premier tour, prévu le 20 juin. 

Rupture de contrat

Tout en assurant continuer de discuter avec les artisans de ce rapprochement entre LaREM et Renaud Muselier, dont Christian Estrosi et Hubert Falco qui viennent de démissionner de LR -, la secrétaire d’État fait comprendre qu’il n’est pas question qu’elle quitte le gouvernement. « C’est contraire à mon ADN de poser des conditions d’exclusion », a-t-elle expliqué sur France Info. « Je ne demande à personne des conditions pour entrer sur ma liste. »

L’ire de la tête de liste LaREM a été provoquée par les déclarations d’équilibriste de Renaud Muselier tout au long de la semaine. Le président sortant de Paca avait, après le conseil stratégique LR, expliqué que la « colonne vertébrale » de sa liste resterait constituée de membres des Républicains, un gage donné aux instances de son parti pour éviter la création d’une liste droite concurrente. 

« La ‘re-candidature’ de Sophie Cluzel, après une semaine de feuilleton interminable, est une logique étroite d’appareil politique ! Je reste fidèle à ma logique du rassemblement, avec des personnalités 100% engagées pour #Notreregiondabord, autour de notre bilan et notre programme », a réagi Renaud Muselier sur son compte Twitter. 

Dans l’entourage de Renaud Muselier, on se questionnait sur le sens de ces déclarations, vendredi matin. « Soit ils essayent de nous mettre un coup de pression et Emmanuel Macron bluffe, soit il a activé son plan B », expliquait-on à LCI. « Sophie Cluzel, je comprends qu’elle soit échaudée… Hier soir, on se demandait si Emmanuel Macron allait venir nous soutenir pour la campagne et ce matin, on a possiblement une liste contre nous. »

Des députés LaREM fustigent de « l’amateurisme »

« On va les laisser [dans le camp Muselier, NDLR] démêler les nœuds dans leur tête. » Selon cette source, l’intéressée « ne démissionnera pas du gouvernement »

« Sophie Cluzel fait les démarches pour monter une liste, mais elle garde l’espoir d’un accord » avec Renaud Muselier, précise ce cadre LaREM. « Cela dépend si on tombe sur le Muselier du Nord ou le Muselier du Sud… S’il continue à se laisser dicter sa conduite par Christian Jacob [le président des Républicains, NDLR] ou s’il est vraiment un homme libre. » 

Les déclarations de Sophie Cluzel sont toutefois loin de faire l’unanimité dans son camp. « On ajoute de l’amateurisme à une situation déjà complexe », a déploré du député LaREM auprès de LCI. « Je ne cautionne pas cette décision. Elle n’annonce pas de liste, elle dit et répète que la majorité présidentielle sera présente au premier tour. Comprenne qui peut. » 

« Ce n’est pas du tout comme ça qu’on avait prévu les choses », a tancé un autre parlementaire macroniste, qui envisage… De quitter LaREM. « Je suis effondré par ces nouvelles déclarations de Sophie Cluzel. J’étais favorable à une liste avec Muselier, mais on s’y prend tellement mal », a déploré un troisième député. On l’aura compris : le psychodrame autour des régionales en Paca est loin d’être terminé.