Policier tué à Avignon : le point sur l’enquête

Trois hommes ont été interpellé hier soir alors que les individus voulaient se rendre en Espagne. Ils ont été arrêté par la BRI au péage de l’autoroute A9.

La traque aura duré 96 heures. Pour rappel, mercredi soir, Éric Masson, le policier abattu en plein centre d’Avignon sur un lieux de deal, survenue dix jours après la mort d’une agente administrative au commissariat de Rambouillet (Yvelines).

Trois suspects en fuite vers l’Espagne

Trois premières arrestations ont eu lieu dimanche soir au niveau du péage de Remoulins, entre Avignon et Nîmes (Gard), a précisé Gérald Darmanin lundi matin au micro de BFMTV. Les personnes placées en garde à vue sont le tireur présumé, son complice et le chauffeur, a appris France Télévisions auprès d’une source proche du dossier. Le degré d’implication de ce dernier individu, âgé d’une cinquantaine d’années selon le procureur de la République, n’est pas encore connu.

Les trois hommes circulaient sur l’autoroute A9 en direction de l’Espagne à bord d’un utilitaire lorsqu’ils ont été arrêtés à 22h30 par la BRI (Brigade de recherche et d’intervention). 

« C’est une unité d’intervention qui les a cueillis par surprise et qui s’est parfaitement déployée pour interpeller sans qu’il y ait aucune résistance. »David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale sur franceinfo.

Près de 3 000 euros ont été retrouvés par les forces de l’ordre dans le véhicule des personnes interpellées, a également appris France Télévisions auprès d’une source proche du dossier. Les suspects n’étaient pas armés lors de leur interpellation. L’arme ayant servi à tirer sur le policier n’a toujours pas été retrouvée.

Une quatrième interpellation a eu lieu lundi à 6h15 matin dans le secteur d’Avignon. Il s’agit de la sœur du tireur présumé, a précisé le procureur Philippe Guémas. Son rôle dans la cavale reste à déterminer.

Des personnes connues pour trafic

Les trois personnes interpellées dimanche « sont français, nés en France », a ajouté Gérald Darmanin, en précisant qu’ils étaient connus pour trafic de stupéfiants.

Né en juin 2001, l’homme soupçonné d’être l’auteur des tirs est également connu pour des faits de violences en réunion et d’infraction sur la législation sur les armes, a appris France Télévisions auprès d’une source proche de l’enquête. Sa dernière infraction connue remontait à plus d’un an. Son complice est pour sa part né en décembre 2000.

Ils se cachaient dans une cave

Un profil ADN a été retrouvé sur la scène du meurtre du policier. Ces traces, incomplètes, n’ont pour le moment pas pu être reliées à une identité, a t-on appris auprès d’une source proche de l’enquête.

Pour retrouver les suspects, la police judiciaire s’est basée sur la connaissance du terrain des forces de l’ordre avignonnaises, ainsi que sur les déclarations de témoins directs et d’informateurs.

Une fois identifiés, les suspects ont été placés sous surveillance. D’après les premiers éléments de l’enquête, ils se seraient cachés dans une cave d’un quartier du sud de la ville avant de tenter de fuir vers l’Espagne et d’être interpellés.

L’enquête se poursuit

Les personnes placées en garde à vue pour 48 heures maximum sont actuellement auditionnées par les services de police. Des perquisitions liées à l’enquête sont également en cours.

L’enquête, élargie à des faits de « recel de malfaiteurs » et placée sous la responsabilité de deux juges d’instruction, se poursuit pour déterminer si les personnes arrêtées ont bénéficié d’autres complicités durant leur fuite.

Le lendemain du meurtre du policier, une femme présente sur les lieux au moment du drame, une consommatrice de drogue, avait été placée en garde à vue puis relâchée.

Les interpellations de dimanche soir sont intervenues quelques heures après une cérémonie d’hommage au policier devant le commissariat d’Avignon, à laquelle plusieurs milliers de personnes ont participé. Un hommage national doit être rendu à Eric Masson mardi après-midi à Avignon par le Premier ministre, Jean Castex, qui sera accompagné du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.