Affaire Arthur Noyer : Trente ans de réclusion criminelle requis contre Nordahl Lelandais

Après une journée de plaidoiries et de réquisitions, la cour et le jury des assises de Savoie se sont retirés mardi pour délibérer dans le procès de Nordahl Lelandais, contre lequel trente ans de réclusion criminelle ont été requis pour le meurtre d’Arthur Noyer en 2017. 

C’est la peine maximale. L’avocate générale, Thérèse Brunisso, a requis ce mardi une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers – soit la peine maximale encourue –, contre Nordahl Lelandais, jugé depuis le 3 mai devant les assises de la Savoie pour le meurtre d’Arthur Noyer, en avril 2017. Un homme « dangereux », souligne-t-elle.

Pour la magistrate, la « volonté de tuer » de Nordahl Lelandais saute aux yeux dans ce dossier. Elle ne croit pas un instant à la version de l’accusé qui affirme avoir tué le jeune caporal par accident. « Un homme qui aurait tué malgré lui recommencerait-il à tuer moins de cinq mois plus tard ? Evidemment non », a-t-elle expliqué en faisant allusion au meurtre de la petite Maëlys, reconnu par Nordahl Lelandais.

« L’intention de tuer »

L’accusé, qui pratique la boxe, mesure 13 cm de plus que la victime et pèse 15 kg de plus qu’elle. Et le soir des faits, Arthur Noyer était « très alcoolisé » mais il n’était « pas agressif, ni violent ». L’hypothèse d’une bagarre qui aurait mal tourné ne tient donc pas, estime la magistrate. Le jeune militaire était « calme, poli, courtois » et n’était pas agressif, même alcoolisé. « Aucun de ces éléments ne permet de retenir les explications de Nordahl Lelandais quant à une rixe éventuelle. »

Selon elle, Nordahal Lelandais s’est « acharné sur le corps de sa victime avec une violence extrême », comme l’a démontré l’examen des os retrouvés, ce qui « signe l’intention de tuer ». Par précaution, il a éteint son téléphone « quelques minutes seulement après le meurtre d’Arthur Noyer » et dépensé « beaucoup d’énergie » à faire disparaître le corps de la victime. Pas de scène de crime, pas de corps… L’accusé « a fait en sorte qu’on ne sache pas » la vérité.

« Mobile sexuel »

« Qu’y avait-il de si important à cacher sur ce corps ? », demande la magistrate, rappelant que l’accusé a fait des recherches sur Internet concernant la décomposition d’un corps humain. Pour Thérèse Brunisso, le « mobile sexuel » est « le seul qu’on peut retenir à la vue des éléments du dossier ». « Pourquoi le conduit-il à Saint-Baldoph si ce n’est pour avoir une relation à caractère sexuelle ? » L’accusé peut en effet avoir « des envies subites », comme l’a montré le procès, rappelle-t-elle.

L’accusé est « pleinement responsable de ses actes », selon les experts qui l’ont examiné, rappelle Thérèse Brunisso. Le jury, qui pourrait délibérer dès mardi soir après la plaidoirie de la défense, devra choisir de retenir l’homicide volontaire – et donc l’intention de tuer – ou les coups mortels, passibles de quinze ans de réclusion.