Double homicides des Cévennes : le point du procureur

Le procureur de Nîme à tenu une conférence de presse ce dimanche en fin de mâtiner. « Les éléments qui nous permettent de retenir la préméditation sont multiples » a déclaré le magistrat.

Valentin Marcone, qui a abattu mardi son patron et un de ses collègues dans un village des Cévennes va être déféré devant un juge d’instruction en vue d’une mise en examen pour assassinats, a annoncé dimanche le procureur de Nîmes qui retient la préméditation.

À ce stade de la procédure judiciaire, la garde à vue de Monsieur Marcone sera levée en début d’après-midi, il sera déféré devant un juge d’instruction, sur la qualification d’assassinats, assassinats engagés sur les deux victimes.

Eric Maurel, procureur de Nîmes

De « multiples » éléments pour retenir la préméditation

« Les éléments qui nous permettent de retenir la préméditation sont multiples », a-t-il indiqué ajoutant que Valentin Marcone a indiqué aux enquêteurs avoir eu une altercation avec le patron de la scierie, où il était employé, concernant le non-paiement d’heures supplémentaires.

D’une part, il s’est rendu sur son lieu de travail « muni d’une arme qui était approvisionnée, et nous nous interrogeons sur le fait de savoir si elle était chambrée » c’est à dire s’il n’y avait pas déjà une munition enclenchée dans la chambre de tir, prête à être tirée, « c’est quelque chose qu’il faudra travailler », a expliqué le procureur.

Ensuite, au moment de sortir son arme, selon le récit de l’homme, il « a ouvert une première combinaison, puis un deuxième vêtement, et s’est alors emparé de son arme. Donc il y a un certain temps dans la manipulation, dans le fait d’appréhender cette arme, et de la manipuler et ensuite de l’exhiber pour faire feu. Ce sont ces éléments qui pour l’instant me conduisent à conserver l’idée d’une préméditation.

Eric Maurel, procureur de Nîmes

Selon les informations actuelles des enquêteurs, Valentin Marcone a ouvert le feu au moins à trois reprises, peut-être à quatre. « Il semblerait en outre qu’entre les premiers tirs effectués sur son employeur et ceux effectués sur son collègue, il ait pu – et tout cela demande à être vérifié – abaisser le bras pour ensuite le relever et ouvrir de nouveau le feu », ajoute le procureur.

« C’est quelqu’un qui avait peur »

Le procureur a donné également des précisions sur le profil du tireur, déclarant: « On sent que c’est quelqu’un qui avait peur, qui ressentait de la peur vis-à-vis de certaines personnes du village avec lesquelles il avait pu être en conflit ». Effrayé que l’on s’en prenne un jour à lui ou à sa famille, il portait « un gilet par balles pour se rendre à son travail depuis près de trois ans » et se rendait « à son travail avec une arme de poing sous ses vêtements depuis plusieurs mois ».