Les premiers pas de Dupond-Meretti à l’Assemble Nationale

C’est un exercice inédit pour l’ancien avocat. Prendre la paroles dans l’hémicycle devant les députés. Le tout nouveau garde des Sceaux a connu un baptême du feu mouvementé face à des députés qui ont multiplié les invectives lors de son intervention.

Premiers pas à l’Assemble sous le signe du chahut pour le tout nouveau garde des Sceaux, Éric Dpond-Moretti en fin de matinée.

“On n’est pas au spectacle et je vais répondre à la question que me pose monsieur le député.”, ce sont les premiers mots du Ministre de la justice ce mercredi, peu après 11h30.

“Vous me jugerez que ce que j’ai fait, quand je l’aurais fait”

Interrogé par le député LR Antoine Savignat quant à ses propos tenus il y a quelques années, dans lesquels il assurait qu’il ne voudrait jamais occuper le poste de ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a rétorqué que “quand on est avocat pénaliste, on n’a pas la même parole que quand on représente l’État”.

C’est vrai qu’à un moment j’ai dit que je n’accepterais pas cette tâche, il doit y avoir une dizaine ou une quinzaine d’années. C’est déjà compliqué pour moi, c’est une première

Éric Dupond-Moretti à l’Assemblé Nationale

Faisant fi des rappels du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, les cris des députés se sont poursuivis durant de longues secondes, laissant silencieux l’ancien avocat, le regard noir, fixé sur son auditoire.

Monsieur le député j’ai un sens aigu du contradictoire, j’aimerais que vous me laissiez m’exprimer. On ne juge pas les hommes sur des a priori, vous me jugerez que ce que j’ai fait, quand je l’aurais fait.

Éric Dupond-Moretti à l’Assemblé Nationale

Attaque contre attaque

Le garde des Sceaux répondait à une question du député LR Antoine Savignat: “Vous ne deviez jamais occuper ce fauteuil et vous êtes là. Vous ne deviez jamais avaler de couleuvres et avez retiré cette plainte pour votre atteinte inadmissible à votre vie privée et au secret professionnel. Vos actions futures seront-elles en adéquation avec vos déclarations passées ou pas ?”, a demandé le député. Avant de répondre, Eric Dupond-Moretti a été applaudi de façon appuyée, puis le chahut a démarré. “On n’est pas au spectacle et je vais répondre à la question que me pose le député”, a-t-il commencé. “D’abord quand on est avocat pénaliste libre, on n’a pas la même parole que quand on représente l’Etat”, a répondu l’ex-ténor des barreaux. “C’est vrai qu’à un moment j’ai dit que je n’accepterais pas cette tâche, il doit y avoir une dizaine ou une quinzaine d’années”, a-t-il poursuivi avant de devoir s’interrompre en raison du chahut.

En 2018, il avait affirmé que “jamais” il n’accepterait d’être ministre de la Justice.

Lors d’une deuxième question, sur les chantiers de la justice, le ministre a, dans un climat plus apaisé, souligné sa “fierté d’être ici, devant la représentation nationale”. “Je mesure l’ampleur de la tâche et je l’embrasse avec beaucoup d’humilité, cette tâche à venir”, a déclaré le garde des Sceaux. A propos de ses priorités: “il y a d’ores et déjà un certain nombre de pistes: l’enquête préliminaire, sa durée, la présomption d’innocence, les violations du secret de l’enquête”, a-t-il dit, avant d’être applaudi.

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