Gérald Darmanin, la nomination qui fait réagir

La nomination de nouveau Ministre de l’Intérieur fait beaucoup réagir face à la plainte pour “viol” dont il fait l’objet. Des militantes féministes protestent contre la nomination de Gérald Darmanin à l’Intérieur.

Gérald Darmanin est “la” nomination qui fait réagir depuis l’annonce du nouveau Gouvernement par Alexis Kholer, lundi soir sur le perron du palais de l’Elysée.

Gérald Darmanin, 37 ans, élue au 1er tour des Municipales en mars dernier à la Mairie de Tourcoing. Avant d’arriver au ministère de l’Action et des Comptes publics au sein du gouvernement d’Édouard Philippe, Gérald Darmanin à était Conseiller régionale, député, premier adjoint au maire de Tourcoing.

Une nomination polémique

Une nomination à l’Intérieur qui fait polémique. Pour rappel, Gérald Darmanin est mis en cause dans deux affaires.

Une plaignante, alors âgée de 46 ans, avait saisi un juge d’instruction pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance en janvier 2018. Les faits auraient eu lieu en 2009. Selon la plaignante, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter une lettre au ministre de la Justice à l’octroi de faveurs sexuelles. Toujours selon la plaignante, s’en serait suivi un rapport sexuel non consenti dans une chambre d’hôtel après une visite dans un club libertin à Paris.

Cette accusation a fait l’objet d’un non-lieu en août 2018, non-lieu dont la plaignante a fait appel, mais son recours avait été considéré trop tardif par la Cour d’appel dans une ordonnance rendue en octobre 2018. En novembre 2019, la Cour de cassation avait toutefois ordonné à la chambre de l’instruction le réexamen de la validité du non-lieu dont avait bénéficié Gérald Darmanin., et le 9 juin 2020, la cour d’appel de Paris ordonne la reprise des investigations sur l’accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

Gérald Darmanin avait par ailleurs été accusé d’abus de faiblesse par une deuxième plaignante, habitante de Tourcoing, qui l’avait accusé de l’avoir obligée à des relations sexuelles en échange de l’obtention d’un logement et d’un emploi en 2015. L’enquête a été classée sans suite en mai 2018 après le constat selon lequel n’ont été établies ni l’absence de consentement de la plaignante, ni l’existence de violence ou contrainte à son endroit.

En juillet 2020, sa nomination au ministère de l’Intérieur rencontre une vive opposition des mouvements et de militantes féministes dès sa prise de pouvoir, et ceci en pleine reprise des investigations concernant son accusation pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. En outre, des questions se posent sur la manière dont des policiers pourraient interroger leur propre ministre de tutelle sur des soupçons de viol.

Les féministes montent au créneau pour dénoncer les nominations de G. Darmanin au ministère de l’Intérieur et d’E. Dupond-Moretti à la Justice

Les nominations de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur et d’Eric Dupond-Moretti à la Justice font polémique. Les artistes Angèle et Camélia Jordana, ouvertement féministes, s’en sont indignées sur les réseaux sociaux. La célèbre chanteuse belge, a notamment partagé sur Instagram une story de la chanteuse Pomme. Sur celle-ci, on y voit une capture d’écran d’un article décrivant le témoignage de Sophie Patterson-Spatz, qui accuse Gérald Darmanin de l’avoir violée en 2009, après qu’il lui a fait miroiter son appui dans un dossier judiciaire en échange de faveurs sexuelles. En légende, Pomme a écrit : «Et notre nouveau ministre de l’Intérieur : simplement un violeur !»

Angèle a également partagé une autre story de Pomme, s’en prenant cette fois-ci à Eric Dupond-Moretti, qui a plusieurs fois pris position contre les mouvements de libération de la parole des femmes #MeToo et #BalanceTonPorc.

Il avait notamment déclaré en 2018, après la création de l’infraction pour outrage sexiste, que certaines femmes «regrett[aient] de ne plus être sifflées». La chanteuse belge de 24 ans a également relayé l’appel d’Anna Toumazoff, créatrice du hashtag #UberCestOver, équivalent de #MeToo pour les femmes victimes de chauffeurs VTC, à manifester vendredi à Bruxelles devant l’ambassade de France contre le nouveau gouvernement français.

De son côté, l’actrice et chanteuse Camélia Jordana, dont les propos sur la police en mai dernier avaient fait polémique, a partagé sur Instagram une story d’une capture d’écran d’un article évoquant la plainte pour viol déposée contre Gérald Darmanin, en commentant «A quand un casier vierge obligatoire pour “être nommé ministre de l’Intérieur de notre beau pays” ???», bien que le ministre n’ait encore jamais été condamné.

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