Beyrouth: Du mariage au cauchemar

Mardi, l’explosion du port de Beyrouth est intervenue en pleine journée à l’heure où la ville vivait normalement. Pour Israa, Ahmad et Mahmoud, c’était l’heure du mariage, lorsque l’impensable est arrivé. Récit et images.

Ces images auraient du immortaliser ce qui devait être le plus beau jour de sa vie. Mais en moins d’une seconde, la vidéo nous propulse du rêve au cauchemar. Alors qu’elle posait tout sourire dans sa robe immaculée devant un vidéaste ce mardi, une future mariée a été violemment projetée sur le côté sous l’effet de blast qui a suivi la double explosion meurtrière de Beyrouth. 

Devenue virale, la séquence captée à 18h08 précisément dans le très chic centre-ville de la capitale libanaise compte parmi les innombrables contenus partagés sur les réseaux sociaux depuis la catastrophe, témoignant de la puissance des déflagrations et de l’effroi qui s’est emparé des habitants. 

“Et comment je vais mourir ?”

C’est de la folie“, a commenté un journaliste américain qui a partagé cet extrait du vidéaste Mahmoud Nakid relayé via le compte de Yeni Şafak, un quotidien turc conservateur, précisant que la jeune femme “fait partie des heureuses personnes qui ont survécu“. 

Selon Paris Match, la future mariée rescapée, médecin entre le Liban et les Etats-Unis, a elle-même aidé les blessés en leur apportant les premiers soins. “Ce qui est arrivé pendant l’explosion, il n’y a pas de mots pour le décrire… j’étais choquée. Je me suis demandée ce qui allait se passer, je me suis dit que j’allais mourir. Et comment je vais mourir ?” a-t-elle confié, avant d’ajouter : “Mais moi-même, mon mari et le photographe nous nous sommes échappés indemnes, je remercie Dieu de nous avoir protégés”.

Le ministère libanais de la Santé a fait état jeudi 6 août d’un bilan provisoire d’au moins 137 morts et de 5.000 blessés, alors que des dizaines de personnes restent portées disparues. Les explosions, dues selon les autorités à un incendie dans un entrepôt abritant une énorme quantité de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth, ont également fait quelque 300.000 sans-abri.

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