Double-meurtre dans les Cévennes: le point sur l’enquête après trois jours de traque

Lors d’une conférence de presse ce jeudi, le numéro 2 de la gendarmerie de Paca a reconnu que Valentin Marcone avait « des avantages » sur eux. Toutefois, il s’est dit « convaincu » que le fuyard n’était « pas très loin. »

Toutes les bergeries, grottes et cavités des Cévennes sont actuellement fouillées par les gendarmes, qui tentent de retrouver Valentin Marcone, soupçonné d’avoir abattu son patron et un de ses collègues dans une scierie du Gard mardi. Lors d’une conférence de presse ce jeudi, le commandant du groupement de gendarmerie du Gard, Philippe Ott s’est dit « convaincu » que le fuyard n’était « pas très loin. »

Un appel à témoin lancé

Dans la matinée, un appel à témoins a été lancé par la gendarmerie de l’Hérault pour débusquer le fugitif. L’homme est décrit comme « sportif, de corpulence moyenne » avec des cheveux courts de couleur châtain. Il mesure 1,70 m et est porteur de lunettes. Les vêtements qu’il portait au moment de sa disparition sont un treillis vert et une veste de camouflage avec capuche.

Susceptible d’être porteur d’une arme de poing et d’une carabine de précision, il est considéré comme dangereux« .

gendarmerie de l’Hérault

Lors de la conférence de presse, Philippe Ott a fait savoir que « pas moins de cinquante appels » avait été reçus, mais qu’ils n’ont pas, pour l’heure, abouti à une nouvelle piste:

Il a fallu dépolluer, discriminer les appels utiles et inutiles. Aller faire à chaque renseignement des levés de doute. Face à un tel adversaire, les levés de doute se font en toute sécurité.

Philippe Ott, Commandant du groupement de gendarmerie

Au cours de la journée, plusieurs habitants de la région ont évoqué des bruits de coup de feu, pouvant potentiellement avoir un lien avec la traque de Valentin Marcone. Toutefois, les autorités ont certifié ce jeudi soir qu’il s’agissait de fausses alertes:

Les équipes du GIGN, appuyés de « moyen hélico, thermique, avec des chiens St-Hubert qui sont des chiens spécialisés dans la recherche de l’humain et les moyens du GIGN ont permis de lever les doutes sur toutes les hypothèses. Elles sont toutes tombées à l’eau.

Philippe Ott, Commandant du groupement de gendarmerie

Et d’ajouter:

Ces détonations seraient peut-être plutôt les claquements métalliques des rotors des huit hélicoptères déployés pour surveiller la zone.

Philippe Ott, Commandant du groupement de gendarmerie

« Rien ne vient démontrer qu’il s’agissait de l’usage d’une arme à feu », a renchéri le procureur de Nîmes Eric Maurel.

Des renforts militaires envoyés

Le commandant du groupement de gendarmerie a reconnu que le suspect avait pour l’heure « un avantage » sur eux:

Il a un profil de solitaire qui laisse à penser qu’il pourrait nous attendre dans sa zone de confort, sur son terrain car il y tire en solitaire très souvent. Il a des avantages sur nous.

Philippe Ott, Commandant du groupement de gendarmerie

Trois jours après le double-meurtre, « aucun indice ne nous permet de prioriser une hypothèse plus qu’une autre », a par ailleurs déclaré Philippe Ott. En conséquence, des moyens de gendarmerie supplémentaires vont être envoyés sur place, afin de passer de 300 à 350 hommes.

Un escadron de militaire et un groupement de gendarmerie qui viennent encadrer les trois premiers seront ainsi sur zone dans les heures à venir.

Philippe Ott, Commandant du groupement de gendarmerie

Par ailleurs, Eric Maurel a autorisé les gendarmes locaux à procéder à la fouille de toutes les habitations inoccupées dans la zone. Il a aussi délivré un mandat d’arrêt, valable sur l’ensemble du territoire national.

Un profil qui se précise

Le procureur de Nîmes a livré de nouvelles précisions sur le profil de Valentin Marcone. C’est « un solitaire », « un homme apte à la survie en milieu hostile » mais il n’a pas le profil d’un survivaliste ou d’un paramilitaire, selon lui.

On n’a retrouvé dans sa documentation personnelle et sur le plan informatique aucune relation avec une structure survivaliste, aucun stage de survivalisme, aucun propos démontrant qu’il adhère à l’idéologie survivaliste[…] Ce n’est pas un adepte de l’idéologie survivaliste pas plus qu’un paramilitaire.

Éric Maurel, procureur de la République de Nîmes

Le fuyard est cependant « un individu qui a une véritable dangerosité, et une des armes qu’il a à sa disposition », un fusil équipé d’une lunette de visée permettant de tirer avec précision à plusieurs centaines de mètres, « est une arme particulièrement dévastatrice », a insisté le magistrat.

Détaillant le profil de l’auteur du double meurtre, Eric Maurel a précisé qu’un changement avait été noté dans son comportement depuis quelques jours, soulignant qu’il venait désormais au travail avec un gilet pare-balles.

0 Partages